collage4.jpg« Niaiser et fantastiquer », écrivait Montaigne.

Autrement dit, amusons-nous à des choses de rien, livrons-nous à notre imagination et à notre fantaisie…

Savourons le sel de l’imprudence d’être éperdument soi-même.
Cherchons la joie où culmine la plus grande affirmation de la vie, la plus grande vérité d’un être.
Le bonheur n’est pas tapageur, c’est une mélodie en sourdine, il faut savoir l’entendre au présent, il n’y a pas de replay…
Comme le merle, ne bannissons pas l’idée d’être anonyme dans ce monde magnifique, et pourtant exister et profiter…
Se sentir « soi-même comme un autre »…

Tous mes vœux de bonheur!

 

Les guillemets du regard

Deux guillemets invisibles cernent le contour de mes « yeux », accentuant et ouvrant à l’infini mon regard autant qu’ils romancent ma propre existence;

Les guillemets n’ont pour seul objet de souligner, invoquer, convoquer, broder; surviennent alors dans ma rétine d’italiques visions, se prononcent dans ma bouche des tirades en suspension d’insolites personnages…Le réel est co-construit par les guillemets et « moi-même », je deviens le théâtre de « moi-même »…

Jusqu’au dernier souffle « vivons sous le feu d’impétueux guillemets » pour ne pas vivre entre (parenthèses)…

Il est toujours jubilatoire d’interpréter les personnages les plus déments.

« Il n’aurait jamais dû me demander où était la bastille, j’étais armé… »

Cerveau déglingué, paranoïaque, un homme relate froidement son meurtre à la police… »Dérangé » par l’extérieur, dévoré de l’intérieur, il prétend « purger » la société de ces pires éléments, en les détectant par un simple regard, comme en ôtant la vie à cet anonyme qui a eu le malheur de lui demander l’heure à la Bastille…

23.-Fragonard_Les-Curieuses (1)

Jeanne et Valériane

Poème inspiré du tableau Les Curieuses de Fragonard

Refoulent le rideau du désir volage, les doigts frivoles de Jeanne,
Qui, dans l’entrebâillement, nargue avec nonchalance la tentation
D’illégitimes amants, vidant le sou, pour sa peau diaphane de courtisane.
Comme un appât imprudent, son sein dérobé, amorce l’effraction…

Profane Valériane, rêvant d’étreinte noble et confluée,
De pauvres bougres ont agrippé sa gorge de vils idylles.
Gît son visage poupin, son corps déserté comme une peluche immobile…
Quelques pétales de roses au pied du rideau ne peuvent calfeutrer ses cris muets…

Petites ménesses, j’entrevois leurs bras brutaux qui vous blessent …
S’effondre alors piteusement l’arc rocailleux de ma petite faiblesse,
Mon corps ne fauchera pas les herbes fraîches de votre délicatesse…
Sur le mont de Vénus, le lin s’abîme dans des amours de sécheresse…

L’arbre interminable de Saint-Maurice..
Il ne voyage jamais, il est toujours là quand je passe le voir.
Quand le vent s’engouffre dans sa profonde chevelure, déployant alors ses feuilles comme des ailes, a t’il l’impression de voler…ailleurs?

Je me baladais paisiblement à deux pas de chez moi en ce dimanche après midi, dans un endroit qui est toujours un peu différent mais finalement toujours le même, on rêve souvent d’un ailleurs dans ces cas là, et j’ai vu cet arbre enraciné dans le sol au même endroit probablement presque depuis une centaine d’années, majestueux et intègre, malgré les perfidies de sa vie (on lui a planté une autoroute à quelques centaines de mètres il y a une vingtaine d’années le pauvre) Je me suis senti minuscule devant lui.

10153343063759571